On a revu Urbanité/s, de Jacques Lévy

…et on a re-aimé, donc on en reparle – après une très succincte évocation ici-même. En fait, on l’a même re-re-re-aimé car re-re-re-vu, ce dans le cadre des projections bi-hebdomadaires – voire quotidiennes pour quelques dogmatiques – que s’imposent, dans un bel élan collectif de servitude volontaire et, un peu aussi, par peur de mécontenter le gourou du laboratoire Chôros, ses fidèles disciples, vivant tous dans la crainte quasi-permanente d’une excommunication aussi humiliante et pourvoyeuse d’ineffaçables stigmates qu’immédiate et définitive. Il risque fort de plaire à plusieurs catégories de personnes, bien sûr non exclusives :


- Les curieux, qui se demandent ce qu’ont à dire les géographes du XXIe siècle – ceux qui s’autorisent d’autres occupations que le commentaire de cartes topographiques et dont l’un des représentants actifs sévit sur le blog-ami Geographica.net –, et plus particulièrement ce qu’ils ont à dire et, en l’occurrence, à montrer, sur la ville. Faute d’avoir le temps et/ou l’envie de s’inscrire à un cours du soir de géographie (urbaine), voici l’occasion, en un peu plus d’une heure, de se frotter à quelques concepts-clés et pensées profondes sur le sujet.

- Les amoureux de la ville, et moins amoureux de la bagnole, reconnaîtront dans Shanghai ou Buenos Aires les lieux de la flânerie, des bousculades, des (belles) rencontres, de l’inattendu et de la confrontation à l’autre ou, pour le dire à la manière de Lefebvre – le philosophe, pas l’acteur –, les lieux où les différences se nourrissent mutuellement et créent de l’innovation sociale.

- Les cinéphiles et autres amateurs de littérature sauront se délecter des split-screens, filtres, mosaïques et autres (nombreux, même très nombreux) effets, ainsi que de la douce musique des textes tirés des Villes invisibles, d’Italo Calvino. Ils apprécieront aussi la post-face, très vertovienne, malheureusement ôtée du film lui-même sur les conseils de producteurs exécutifs improvisés dont nous tairons ici le nom, afin que ne s’abatte pas sur eux une (saine) colère populaire.

Pour être complet, rendons à César ce qui appartient à César. Puisque Jacques Lévy se félicite à la moindre occasion d’avoir tenté de réaliser le film le plus chiant du monde, accordons-lui généreusement que le dernier quart d’heure pourra paraître un peu long à d’aucuns… Pas grave, les paresseux le verront en plusieurs fois.

J’oubliais : en attendant la naissance d’un site web dédié, le DVD est gratuit – eh oui, même si tu n’en reviens pas, lecteur né au XXe siècle, à l’époque où le mot téléchargement ne voulait rien dire pour les gens normaux – et on peut me le commander directement car mon bureau sert de lieu d’entreposage. On fait ce qu’on peut pour se rendre important…

Mise à jour tardive mais nécessaire, pour ceux qui voudraient, encore en 2015, recevoir le DVD : le stock est malheureusement épuisé depuis longtemps (ce que c'est que le succès...) mais le film est disponible en ligne sur vimeo.

Commentaires

  1. Bonjour,
    Comment procéder à la commande du dvd du film de Jacques Lévy ?
    Merci de votre réponse.
    Cordialement,
    Alain Moreau

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    Réponses
    1. Bonjour,
      Merci de votre visite.
      Il faut m'écrire (coordonnées dans la colonne de droite ci-contre) et m'indiquer vos coordonnées.
      Bien cordialement

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